C'est reparti pour un article, parce que ça fait longtemps, et que j'ai quelques trucs à raconter.
Vous vous rappelez de la soirée oufissime dont je parlais dans mon dernier article ? Ben elles sont pas toutes comme ça. Le staff de l'auberge nous a filés des pass VIP pour une boîte du coin, et c'était assez moisi. La boîte, appelée Butter's Factory, pourrait bien tirer son nom des problèmes d'acné de sa clientèle. On n'y entend que du hip-hop bon marché, et toutes les 60 secondes une chanson différente. Bref, c'était nul. Un peu au même moment, j'ai commencé à avoir le blues de l'auberge, à force de parler qu'à des vacanciers. Le problème de ce genre de rencontres, c'est que les discussions restent très superficielles, du genre "Tu viens d'où, tu fais quoi, t'es là pour combien de temps" et ce genre de choses. Si les discussions non-intello sont un domaine où je suis content de m'améliorer, il y a eu un moment où j'en ai eu un peu ras le bol - mais ça s'est arrangé.
Dans le registre trucs dingues, vous connaissez peut-être Chuck Pahlaniuk. Outre le très admiré Fight Club, cet écrivain a publié un recueil de nouvelles assez intéressantes nommé "Le Festival de la Couille" ; et dans l'une d'entre elles, il relate une expérience originale. Frustrés d'être des hommes blancs normaux, jamais regardés de travers, lui et un ami se sont déguisés en animaux et sont allés se balader, sans jamais interagir avec ceux qu'ils croisaient. Dans le même genre, en un peu plus dilué, votre serviteur est allé courrir torse nu avec un sac à dos au milieu de la ville (et pas en pleine nuit comme la dernière fois), en grimpant et sautant chaque fois qu'une barrière lui bloquait le chemin. C'était assez sympa, à la fois de prendre de l'exercice et de faire un truc doux dingue ; les enfants gesticulaient pour attirer l'attention du Blanc complètement teubé, les adultes détournaient le regard et allongeaient leurs pas en priant pour ma disparition - et effectivement, elle ne tardait jamais. En plus, comme je me suis perdu, ça a été plus long et plus mouvementé que prévu ; je me suis fait saucer par un bon orage équatorial, j'ai surfé sur une pente de boue, je suis monté au dernier étage de plusieurs immeubles pour retrouver mon chemin, je suis rentré dans moult endroit plus ou moins interdits. Mention spéciale pour les toilettes d'un immeuble de bureaux où je suis rentré, totalement sans autorisation, pour monter au dernier et me repérer : là, il y a les "toilets" où tout le monde peut aller, y compris les cafards apparemment, et, verrouillées, les "Executive toilets" - comprenez les "toilettes des cadres". Ils ont le sens de la hiérarchie en Asie.
Un peu plus tard, le blues de l'auberge est devenu plus radieux ; j'ai commencé à devenir pote avec deux-trois étudiants/expats dans mon genre, qui sont là pour un peu plus longtemps et cherchent un appart, et du coup je suis sorti de la superficialité ambiante. Parmi mes nouveaux potes, un indien né aux USA (Sandeep), un autre élevé à Dubaï (Raunak), et une mexicaine ayant vécu aux USA aussi (Aya - retenez les noms). C'est assez sympa d'avoir de vraies discussions avec eux - et en plus, ça a tendance à recruter les autres clients de l'auberge.
L'une d'entre elles était assez drôle ; le mec de Dubaï, Raunak, était en train de vanter les mérites de sa ville et de dire, en gros, que l'Europe était juste une vieille marâtre fripée à qui le monde allait sucer son argent le plus vite possible avant de la jeter. Votre serviteur a évidemment vanté la philosophie, l'altruisme et la morale européennes, avec l'appui de Sandeep. Raunak, qui ne reconnaissait à l'Occident que le dynamisme économique des Etats-Unis, est évidemment resté assez indifférent. C'est là qu'Aya a surgi en gesticulant dans la discussion et défendu l'humanisme et ce genre de trucs de tapettes de Blancs dégénérés. J'ai appris plus tard qu'Aya a pris part aux campagnes d'Obama, à Chicago puis pour la présidence, pendant plus de 10 ans au total : un sacré personnage, globe-trotter humaniste - j'aurai probablement l'occasion d'en reparler.
Ce genre d'échange est bien sympa ; de ce point de vue, je suis content d'être venu à l'auberge, parce que même si Raunak est un peu vénal/terre-à-terre/capitaliste sauvage, c'est Gandhi multiplié par Kant comparé au Singapourien moyen. L'un des trucs qui m'ont le plus frappé, c'est à quel point les Occidentaux sont semblables, surtout les Européens. Ça commence à me sonner faux de penser à l'Europe comme à une mosaïque de pays différents, surtout en ce qui concerne notre génération ; pour le reste du monde, on est vraiment pareils, et en y regardant de plus près ils ont plutôt raison. Par exemple, on pense moins au fric que n'importe qui d'autre (parce qu'on est confortable de ce côté-là, peut-être) ; les Chinois d'ici, ou Raunak, c'est une idée fixe pour eux. On est apparemment aussi plus de gauche, plus intellos, plus en quête de bonheur ; et si j'utilise une suite de "plus", c'est que j'ai l'impression qu'un léger sentiment d'appartenance me chatouille les tempes. Comment ça se fait qu'il faut traverser deux continents pour que ça arrive, ça c'est une autre histoire.
Au boulot, ça a été trois semaines de glande assez monumentale : pour cause de fin d'année financière, aucune commande de réactifs ne pouvait être passée pendant un mois. Autant dire qu'à la question "Tu fais quoi au boulot", ma réponse a bien souvent été "Je fais surtout caca". Qu'un blague comme ça m'ait fait rire nous donne une idée d'à quel point je me suis emmerdé (...). Sans transition, au cours de mes heures de vadrouille, j'ai trouvé un cafard mort au milieu du couloir du dernier étage du GIS (mon institut ultramoderne). Donc maintenant c'est sûr, soit ils sont en train de séquencer le génome du cafard, soit je suis poursuivi par des légions de blattes infernales. À suivre. N'empêche, c'est sympa d'être en mode glandeur au boulot, parce qu'on a plus de facilités pour devenir pote avec les gens ; on est un peu la part de vacances dans leur journée. Du coup j'ai appris à mieux les connaître, on est allés à quelques soirées, en particulier l'une où au lieu d'être en mode "je-suis-sage-avec-mes-collègues" on a fini pompette dans la piscine à nager sous les étoiles et les gratte-ciels. Bien sympatoche. Tiens pendant cette soirée j'ai fumé mon premier huitième de clope sans tousser mes poumons sur mon voisin (bon ok, c'était une cigarette mentholée et je suis toujours une tapette). C'est un peu un problème dans mon cosmos personnel d'être non fumeur non pas à cause d'une forte volonté ou d'un manque d'esprit mouton, mais juste parce que je suis pas capable de tirer une taffe normalement. Mais bon, maintenant je peux au moins me dire que c'est grâce à ma volonté que je fume pas de cigarettes mentholées. On a fini par se consoler avec une chicha - et j'arrivais pas à faire des ronds. Décidément la fumette c'est mauvais pour ma promotion sociale. Toute cette fraternité collégiale ne m'a pas empêché de rater le grand déjeuner du GIS, au thème "rétro", qui apparemment était pas aussi nul que ce que les données le laissaient présager (déjeuner + pas d'alcool + collègues et chefs + thème battu et rebattu + organisé par des Singapouriens), ni de mettre les pieds dans le plat avec une Sporienne quand je lui ai dit pourquoi j'y allais pas (voir parenthèse précédente :D).
Je suis encore allé courir, à East Coast Park cette fois, un espèce de parc pour joggers avec douches, toilettes et installations mercantilo-visqueuses tous les kilomètres. L'idée était "Je vais aller courir à côté d'une plage, comme ça je vais pouvoir bronzer un peu, vu que je suis toujours blanc comme un cul". Malheureusement la piste était encombrée d'humains et de leur progéniture abjecte qui ne sait pas courir et n'a pas de chaussures de running, c'était assez horrible. Pour ne rien arranger, avec la chaleur et l'humidité, j'ai perdu trois litres de sueur en dix minutes, et commencé à avoir vraiment mal au crâne à cause de ça - ce qui a pas mal écourté la séance. Le sel dans mes yeux et la piste encombrée de gens ont malgré tout été largement rachetés par l'horizon encombré de bateaux et le sel de l'air marin ; l'un en rappelant à mes narines qu'elles étaient sur une île (c'est facile à oublier, ici), et l'autre en dépeignant encore un portrait captivant de cette ville saisissante, de son éternelle quête de richesses, de ses gros porteurs alignés comme des poubelles dans un centre de collecte, et de sa couronne d'avions qui approchent de l'aéroport en pétaradant leurs nuages étroniques. C'était assez sympa de se retrouver un peu seul, et de laisser mes pensées affluer et refluer au rythme des vraies vagues. Et pour finir, j'ai eu la joie de me baigner dans la mer de Chine. Malheureusement ici leurs chiottes sont plus propres que leurs plages, donc la baignade servait plus à pouvoir écrire la phrase précédente qu'à autre chose.
Manger chez l'indien
Appareil photo à 100e
Courir à nouveau, East Park cette fois, plages nulles, baigné dedans une fois quand même, bateaux sur l'horizon, vagues sur l'eau, vagues dans mon coeur, sel dans l'air, sel dans mes yeux, temps qui passent, voies changeantes du destin, seul dans la ville, seul avec ma force, seul avec ma peine, seul avec mes espoirs et mes impuissances
Soirée relou, le bar à putes bien dégueu, apprendre le fk à la morue philippine ; trop bizarre, la vitesse à laquelle ça s'emballe, la salle glauque au premier, et au final, tout juste marrant. Compassion. Au final, pas si drôle, à cause de la tension qu'elle mettait alors qu'elle n'avait aucune chance, du cadre bien tragique dans lequel la farce a pris place.
Melaka, bien cool, reposant, le bus aller, le bus retour et l'alcool à la douane, la mosquée qui file de l'eau, le mec qui perce des noix de coco du guiness des records, palabre 20min, 20'' show, vend des lotions miracles, le mister univers. Les maisons peranakan, la cuisine babanonya, la cuisine portugaise, trop ouf. Le chinatown.
Semaine pro-active, bujinkan vraiment super, basket trempé, Guide du Routard de Singapour et envie de cocher tous les monuments, pote avec les gens du boulot, pote avec les gens de l'auberge, aller à Chinatown avec eux.
Boulot : des résultats, mail débile de Paul, Xie Fei la caricature du Chinois immigrant à Spore, la bouffe gratos dans les séminaires, la bouffe bonne pour la santé pour compenser
Temple indien bordélique, enlever ses chaussures, sol sale, bouffe, foule énorme, figures colorées (kermesse sous acide), mecs torse nus, encens, lait (bon), grosses marmites avec gazinières, énorme tête à oreilles dragon, coin des femmes.
L'orage ensoleillé, la résistance à l'eau mais pas au dessert.
La réserve naturelle B Timah, le viol de singes - deux fois, la baston de singes, la falaise interdite magnifique (putain d'appareil photo)
Dans la famille je cours la nuit et je fais n'importe quoi, j'ai demandé l'autostop à 2h du mat, le macdo, les clochards partout, les bateaux lumineux sur l'horizon et le pont sur l'eau, les chauve-souris dans la ruelle, le trop radin pour taxi mais pas pour la bouffe, l'orage qui menace.
La musique porno dans les hauts parleurs, la dispute en chinois, le retour au travail, l'auberge, ses habitants et ses discussions (mention spéciale pour le tremblement de terre spirituel au starbucks, lors de la discussion avec les deux autres). Bu le milieu de culture.
KL, le bus depuis singap et l'histoire du visa, le voisin sympa, la balade la nuit, les clochards, les souterrains bizarres au croisement (et ailleurs), l'immeuble enveloppé de muslimanisme, l'affirmation d'une identité islamique, le palais du captain Nemo, la gare, les ordures et les chats, le nasi lemak au boeuf à 5h du mat avec le ptit stand, les mosquées, les attrape gogo du sentral market, la KL tower, les Petronas towers plus belles la nuit et de dos, le musée à la gloire des pères et du caoutchouc. Royaumes malais genre moyen-âge de chez nous mais avec islam à la place de christianisme, raise, flicker and shrink, grand centre du savoir - islamique. les Chinois qui niquent tout le monde avec leurs écoles. KL tower avec le français dément dans l'audioguide, le pantalon en lin réparé, le short délirant et le marché, le babou malais (mydin) pas moins cher que le babou de chez nous, le buffet malais. Putrajaya la cité des dictateurs, la mosquée rouge, ma dégaine antiislamique et l'autiste, les fourmis qui mordent, les murs qui lézardent, le manoir sur la rive, les ponts rutilants, le palais du parlement et ses domes en bronze, l'énormissime saucée, le taxi pour Cyberjaya, le taxi, KLCC, le buffet libanais, la samba au dernier étage du centre co, le grand huit dans le Times Square, le temple chinois, la discussion sur l'humanisme aux USA, le train de nuit.
Messages émouvants à la radio pour Dr Goh, 7 pages dans le journal, père de la nation, genre travaillez, produisez et baisez, bande de cons (enseignement religieux).
Ninjutsu avec le malade qui fait des oeufs dans tes bras. Resto spicy peranakan, les lumières, les immeubles high-tech, le bruit de l'eau et le jazz. Le resto thailandais (ThaiExpress) avec le crabe assez oufissime. La jap en boîte.
The crazy love letter found in the bus.
The emotion -> girl
In a dream we finally have time to break up, like the birds go away to pass winter, and after a while go back to their home. No matter how long the party is, the people get spread/dispersed at the end. It was different from her imagination. She can't even describe her loneliness and sadness with words. We are so far from each other, and how can my heart reach you. (to the guy) When you leave, take me with you. Let me be your button, and I will be with you forever. When you are tired, I will massage you to relax you ; when you get annoyed, I will talk to you and cheer you up ; when you are hungry, I will change to pearl rice for you (it is not that good, but at least you will feel full), at night I will cover ou with the blanket, and I will go sleep and help you dream till morning. I need nothing but you, when you leave, bring me along with my heart and with my soul.
"I don't know if the other person knows about that"
samedi 16 mars 2013
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