... or article, please inform our staff or press the emergency communication button located at the side of the train doors."
Le lendemain meilleur va servir à faire quelques achats ; direction le metro, pour lequel je dois demander mon chemin. Pour parler avec les locaux, voilà comment ça se passe : je leur parle en anglais approximatif avec un accent correct, ils me répondent en anglais correct (enfin, pas sûr) avec un accent chinois à fendre à la dynamite, et on finit par tous parler avec les mains. Manque de pot, le métro est genre à 15-20 min à pied (ça avait l'air moins loin sur Google maps) ; il faut faire un détour pour passer au dessus d'une autoroute située entre l'appart et le métro. La chaleur aidant, je suis déjà bien lubrifié quand j'arrive.
Une fois à la station, après avoir retiré de l'argent, m'être trompé de guichet, avoir fait péter un câble aux gens derrière moi tellement j'étais lent, m'être fait frapper (meuh non, tout le monde il est gentil ici), je finis sur le quai. Là, ambiance rigolote sur les panneaux : "Value Life. Act Responsibly." "Watch it, report it". Je finis par monter dans ma rame... climatisée... yeah (je vérifie que je vais loin). Un sourire béat sur le visage, j'entends la jolie phrase que j'ai mise en titre, avec un accent impeccable et sexy (maman, pourquoi la dame elle parle pas comme les vrais gens dans la rue ?), ce qui rajoute au côté 1984 local qui commence à apparaître. Je goûte mon statut de minorité ethnique en regardant les gens autour de moi, et j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle ; la bonne, c'est que y'a pas de gros. La mauvaise, c'est que les gens sont comment dire... euh... moches. Le nez camus, les grosses joues et les yeux bridés, ça va pas très bien ensemble. Bon, je parle du pékin moyen, ne généralisons pas. Mais quand même.
Une fois rafraîchi par mes 20 min de métro, je descends dans un centre commercial - genre les Halles de chez nous, avec moins de racailles (cela dit, je ne sais pas encore reconnaître les racailles locales). Première chose, je cherche des adaptateurs - les prises singapouriennes sont à la mode anglaise - et une clé usb. Après avoir pas mal déambulé, je demande à une libraire où est-ce que je peux trouver un magasin d'électronique basique... et ça se finit avec des "Buy USB key", des mimiques interrogative et des bras qui pointent des directions. Quoi qu'il en soit, j'ai compris le nom du magasin, et les plans n'ayant pas d'accent, je trouve rapidement. Ô joie, le vendeur est chinois mais on comprend ce qu'il dit (Je commence à me gronder de faire des amalgames du genre "Chinois = accent de merde"... mais ça va pas durer). Je repars avec mes achats et finis dans un supermarché à l'occidentale. Rien à signaler à part une petite gêne quand je prends des serviettes périodiques pour des chiffons de nettoyage (oui, bon...). La caissière n'est pas chinoise mais je comprends quand même rien.
J'ai aussi quelques trucs à acheter pour la maison, mais je commence déjà à me dire que je vais peut-être pas rester très longtemps dans ma coloc - c'est loin du métro, et le quartier ressemble un peu à une cité HLM, sans délinquance, sans magasins, ni bars, ni rien en fait. Comme j'ai peu dormi pendant le voyage et me suis couché tard la veille, la fatigue se fait brutalement sentir. Plutôt qu'aller à Ikea, je file vers une douche froide et mon lit. Je passe la soirée tranquillement dans le living-room à faire marcher internet et à rester un peu "aware". J'en profite pour discuter un peu avec un de mes (deux) colocs ; Utkur, un Ouzbek ayant fait ses études aux Etats-Unis, qui fait de la biologie structurale. Lui il parle comme dans les séries donc je comprends ce qu'il dit, et on blablate très vite fait sur Singapour. Depuis le living-room, je peux constater un petit problème ; mes colocs ont tendance à s'enfermer dans leur chambre avec air conditionné et internet. De mon côté, internet ne marche pas dans ma chambre, et c'est tant mieux, ça me donne un prétexte pour rester dans le living-room (pas que je me sente obligé d'avoir un prétexte non plus). 'Fin bref, tout ça pour dire que ces histoires de colocs geek n'arrangent rien à l'envie de changer d'appart.
Le lendemain, j'ai de la paperasse à faire avant de pouvoir me mettre à bosser. La nana du GIS (l'institut où je suis en stage) a en effet la gentillesse de me dire, le jour où je suis censé commencer, qu'il me faut mon document de séjour définitif pour pouvoir bosser (j'avais un provisoire). En plus, bonne nouvelle, le site internet de l'administration semble indiquer qu'il est impossible d'obtenir un rendez-vous avant 4 jours. Bon, je sors du GIS un peu furieux, mais le site web avait pas l'air net donc je vais quand même vérifier sur place. Les bureaux sont ouverts, une nana prend en charge le petit Blanc perdu que je suis, m'asseoit dans un espace d'attente, court partout quelques minutes, et revient me dire qu'il me manque un document mais que je pourrai régler mon dossier le jour même si je reviens avec les papiers complets. Je répète : je me pointe sans rendez-vous et sans tous les papiers, et une nana jeune, souriante, court partout tandis que je suis assis, et me dit que je pourrai revenir le jour même régler mon problème, sans rendez-vous. En France... ha... en France, quand le bureau n'est pas fermé, la nana est grosse, sourde et renfrognée, et même avec rendez-vous et papiers tu peux être sûr que c'est toi qui vas courir, et d'un bout à l'autre de Paris. Bref, une très bonne surprise.
En sortant du bureau, je zone un peu, et je tombe sur Sani, un indonésien (à vue de nez) qu'on comprend kékidi. Sani a une chemise bleu foncé qui a l'air en satin, des lunettes de soleil, une casquette blanche et bleue, un short, une chaîne et une gourmette, et un énorme cigare à la main. Il m'explique que j'ai un gabarit d'asiatique - bref, que je suis petit, merci - et que ses tailleurs peuvent me faire un costume super bien. Même si je lui dis que je vais probablement rien acheter, il m'invite dans sa boutique, je bois son café (bon), et je prends la carte du magasin en disant que je vais peut-être revenir (mon cul). Sani me raccompagne dehors, on discute un peu, et je lui pose une question rigolote "Like 90% of the people in this city are Chinese, how is that possible that there is a Chinatown ?". Réponse : "Ah, that... the Chinese don't speak english, that's why.". Sans blague.
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Lol Disker qui râle contre le manque de sociabilisation, on aura tout vu!
RépondreSupprimerSinon c'est cool d'avoir de tes nouvelles. Bon courage pour le démarage de ton stage et de ta vie singapourienne! (savoure le soleil, ici il neige...)
Pourquoi es-tu aussi obsédé par les moches?
RépondreSupprimerC'est bizarre tu en parles dans tes deux articles... Ca sent le complexe tout ça ou quoi?
Sinon je suis impressionnée par ton expérience de l'administration Singapourienne ! Enfin une administration efficace? Ce serait étonnant tout de même! Tu plaisais peut-être à l'employée!
Profite bien d'être loin de la France, ou encore une fois les employés de la SNCF ont montré leur efficacité à résoudre les problèmes sur la ligne C ...
Prends soin de toi !
Pauline.
Parce que les tronches sont le premier truc que tu vois quand tu as un contact superficiel avec un endroit ou des gens ; en plus, erreur de ma part, j'utilise moche indifféremment pour parler de la plastique ou du charisme, donc ça floute l'image. Amusez-vous bien dans le froid et les problèmes de train (c'est cool le froid, profitez-en avant l'été... les trains c'est moins drôle, mais c'est pittoresque :)
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